Fenêtre sur court

5 films projetés en moins d’une heure vingt ; tout se fait plus vite à Aix-en-Provence.Pour le 29e festival de cinéma Tous Courts, 200 courts-métrages internationaux ont été présentés en à peine 5 jours. Coup de projecteur sur un genre méconnu, souvent délaissé au profit du long-métrage. Mais pas hors des circuits de l’industrie du film.

« Je suis là pour qu’on me voit et que des producteurs repèrent mon travail » déclare Julien Hérisson avec aplomb. Ce jeune réalisateur français ne se voile pas la face. Il veut que son court-métrage autoproduit « Cap Sud » soit récompensé. A terme, il espère trouver un producteur pour financer son premier long-métrage. « Il ne faut pas se leurrer, confie-t-il franchement, la plupart des cinéastes font du court-métrage juste pour se faire une carte de visite avant de se lancer dans la cour des grands ! » Le long-métrage, grand absent de la programmation, est dans toutes les têtes. Les jeunes réalisateurs en rêvent, les organisateurs le fuient et le public ne juge le court qu’à sa connaissance du long.
Focus sur l’expérimentation
Le format court doit être percutant pour se faire une place dans un 7ème art saturé de films de plus en plus longs. « Notre marque de fabrique, ce sont des films brefs, expérimentaux, en près de 40 langues et absolument pas consensuels » nous explique Christiane Aublet-Bérenger, coordinatrice générale du festival Tous Courts. Même si la programmation éclectique et impertinente intéressera sûrement les 8500 curieux attendus, elle semble surtout destinée aux professionnels. En marge des projections, un verre à la main, les réalisateurs sont à l’affût et les producteurs déambulent nonchalamment. Ils peuvent également se rendre au marché du film court qui leur permet de découvrir et d’acheter 1635 productions. « Depuis que ces réalisations ont disparu des salles, nous devons les faire exister au moins sur le petit écran » déclare l’organisatrice.
Mais le festival ne se résume pas qu’au business. C’est avant tout une fenêtre sur un pan méconnu du 7ème art. « Le court-métrage n’est pas qu’un exercice de débutant, affirme Patrick Dorflein, cinéaste et membre du jury. Son atout est d’être un produit du présent. Comme les réalisateurs créent leurs œuvres en moins d’un an, elles témoignent de leur vision de l’actualité. Et ce passage obligé est un exercice difficile : il faut dire vite et juste ».
                                                                                                                         Valentine Patry

FOCUS SUR

Casus Belli de Yorgos Zois

Expérimental, original, intrigant, ce court métrage, déjà sélectionné pour la 67e Mostra de Venise, nous déroute dès la première minute. L’image initiale : un chariot rempli dans un supermarché grec se met en mouvement. Il lance le lent travelling qui nous fera passer de files d’attentes en files d’attentes, comme une gigantesque chaîne humaine à travers toutes les couches de la société grecque. Mais pas question de bercer son spectacteur, Yorgos Zois nous tient en haleine jusqu’au retournement de situation final. Ce casus belli nous dévoile un monde prêt à imploser sur fond de crise européenne. Une œuvre percutante dont la force réside dans la brièveté. VP
http://www.festivaltouscourts.com/
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