L’oxygène des montagnards

Le journal « Sud Ouest » fait découvrir tout l’été, au travers d’une série, des aires d’hébergement en plein air où vacances riment avec détente et simplicité. Morceau choisi avec le camping du Lauzart, à Lescun. Niché en pleine vallée d’Aspe au pied du cirque de Lescun, le site se veut un lieu de repos idéal pour les randonneurs.

«Una cerveza por favor. » Jean-Michel Dufraisse, ancien gardien du refuge d’Arlet pendant vingt-six ans, a l’habitude de recevoir les doléances des randonneurs à la gorge asséchée. Espagnols, Tchèques, Australiens, mais aussi Lyonnais ou Toulousains : tous ces marcheurs se montrent satisfaits et se reposent dans ce camping aux airs d’auberge espagnole à ciel ouvert.

Ici, on est loin des campings tout équipés et bondés qui prospèrent sur la Côte basque. Celui-ci est géré par un homme de la vallée, Jean-Michel Dufraisse, quinquagénaire et natif de Lescun. Sans rechigner, bien au contraire, il a apporté dans ses bagages sa femme Maïlys et son employé du refuge, Olivier, un étudiant poitevin. Ce dernier, satisfait de ses conditions de travail, a même hérité de la partie comptabilité le temps de remplir la facture d’une cliente. « Il y a pire comme job étudiant.»

50 places de camping pour les tentes et camping-cars, beaucoup d'ombre : voilà de quoi satisfaire de nombreuses familles. (Photo Martine Lacout Loustalet pour Sud Ouest)

« Lieu de passage obligé » pour les courageux qui s’attaquent au GR 10, le gîte-camping est aussi un camp de base pour des « randonnées plus accessibles et familiales ». Néanmoins, en ce début d’été, une dizaine de tentes, cinq caravanes et deux camping-cars ont essaimé sur le terrain ombragé. La plupart sont là pour des « choses sérieuses. »

Aiguilles d’Ansabère, pic d’Anie, Table des Trois Rois sont accessibles après plusieurs jours de marche. Mais il est possible de la jouer plus modeste avec des balades de quelques heures seulement. Le succès du camping est aussi lié au sentier de Camille, un chemin de randonnée transfrontalier sur le modèle catalan (circuits d’une semaine, frais d’hébergement et de couvert compris).

Notoriété

Le Lauzart a franchi les frontières de la vallée d’Aspe en termes de notoriété. Comme le prouve la présence de Raynee et Pavel, un jeune couple australo-tchèque qui, entre deux tentatives pour allumer leur vieux réchaud, loue la tranquillité et la beauté des lieux. « Ce sont des paysages que je n’ai pas forcément l’habitude de voir », assure Raynee, habituée à l’aridité des déserts sans végétation. Gérard et Annie, un couple de quinquagénaires lyonnais, ont connu quant à eux le camping grâce à un guide.

Ils apprécient l’ambiance et retrouvent un peu de leur jeunesse : « L’accueil est très bon, les places très ombragées et on peut trouver de quoi se dépanner avec la petite épicerie bien pratique après des heures de marche. » Un seul reproche formulé par Annie : « Le manque d’information au village » de Lescun, signalant la présence du camping situé quelque peu à l’écart, à deux kilomètres du bourg. Il faut dire que Lescun compte de nombreux gîtes ou auberges.

Fraîchement débarqués au vu de leur voiture pas encore déchargée, un groupe de jeunes étudiants toulousains et provençaux voudrait trouver un peu plus d’animation mais leurs bières et leur bonne humeur feront office de GO. « On n’est pas seulement là pour la fête. »

Institution

On veut bien croire Guillaume et ses amis, mais la présence d’un important dispositif apéritif nous incite à la prudence. « Ici, c’est juste un échauffement, on part deux semaines en Espagne derrière. »

Tentes et camping-cars situés dans la zone ombragée ne sont qu’une partie de « l’institution Lauzart ». Il y aussi le gîte situé en contrebas. Cinq dortoirs, une salle de séjour joliment décorée, et une cuisine équipée suffisent à faire du lieu, rénové en début de saison, un cocon à la fois moderne et simple. Une simplicité qui apparemment rejaillit sur les vacanciers, peu enclins aux éclats de voix et débordements verbaux.

« La saison actuelle se présente bien, les réservations sont très nombreuses pour l’instant. » Jean-Marc Dufraisse constate depuis quelques années une « envie de montagne » qui se traduit par une hausse constante des réservations.

Tendance éphémère ou lame de fond qui va transformer le rapport aux vacances ? À Lescun, ces questions sont pour l’instant lointaines et l’on préfère profiter des charmes du lieu. En sirotant une bière bien fraîche par exemple.

Clément Graeff (http://www.sudouest.fr/2011/07/25/l-oxygene-des-montagnards-459505-4239.php)
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