Bertrand Cantat : petits remous au Festival d’Athènes

Odéon d'Hérodes Atticus (Photo NG/AH)

Avec le nom de Bertrand Cantat, ancien leader du groupe Noir Désir, à l’affiche, samedi, de Des Femmes, la dernière création de Wajdi Mouawad, le festival d’Athènes relance la controverse. L’occasion de parler du travail d’un des plus grands metteurs en scène contemporains, de la richesse du théâtre antique et du droit à la réinsertion sociale

Condamné en 2003 pour l’homicide de l’actrice Marie Trintignant, Bertrand Cantat agite à nouveau l’opinion publique. La polémique débute au mois d’avril, à l’annonce de la participation du chanteur dans la dernière création de Wajdi Mouawad. Tour à tour, Barcelone et Montréal annulent les représentations tandis que beaucoup s’offusquent de la présence de Cantat, qui renoncera à sa venue, au Festival d’Avignon auquel participe également Jean-Louis Trintignant. En Grèce, l’agence à l’égalité des sexes a fait entendre son mécontentement, ce qui n’a pas empêché le comité du Festival d’Athènes de maintenir sa programmation. Le travail de Mouawad, sur l’ensemble des tragédies de Sophocle, a pris plus de cinq ans et s’est construit au travers du prisme de la femme. Un point supplémentaire pour aiguiser la polémique. En Grèce, celle-ci n’a cependant pas pris l’ampleur qu’on lui prête. Les organisateurs du festival d’Athènes reconnaissent comprendre les motivations de l’association mais soutiennent le choix de Wajdi Mouawad.

Choix artistique et opinion publique


Lors de la conférence de presse du 6 juillet, le metteur en scène a avoué que la situation soulevait surtout « des questions d’ordre moral » et comprendre les multiples réactions. Pour autant son choix a surtout été motivé par des raisons artistiques ; l’approche du choeur antique par le rock en révélant la puissance émotionnelle. Concernant Bertrand Cantat, il a ajouté ne pas être à même de pouvoir décider de ce qui était bon ou juste, insistant sur le fait qu’après la prison, le retour à la vie et à la société est un droit. Pour Emilie, jeune Française, venue acheter son billet pour la représentation, « la polémique est justifiée en Avignon mais n’a pas trop lieu d’être ailleurs. Après chacun a ses raisons ! La situation en fait par avance une pièce sulfureuse. Soit cela attire par curiosité, bonne ou malsaine, soit fait repoussoir« . Une polémique, donc, qui, par bien des aspects, devient l’occasion de s’interroger sur l’influence et les fondements de l’opinion publique.

Nina Gazaniol et Alice Hancquart (www.lepetitjournal.com/athenes.html)
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