Radio Entasi : ondes pirates dans la place

Giorgos, sur le plateau de Radio Entasi

C’est sur un air de Led Zeppelin qu’il égraine ses discours. Depuis déjà 40 jours, Giorgos, 30 ans, prend la parole sur radio Entasi pendant deux heures tous les jours, en début d’après-midi. Deux heures, en direct de la place Syntagma, à Athènes, pendant lesquelles il dénonce le système, l’austérité adoptée par le gouvernement et les situations précaires de ces Grecs touchés de plein fouet par la crise économique.

La parole est ensuite donnée aux différentes équipes de travail et assemblées thématiques de la place jusqu’à 20 heures, puis c’est l’assemblée organisée quotidiennement par les révoltés qui est retransmise sur les ondes. « La solidarité et l’occupation restent les meilleurs moyens de se faire entendre. Tant que nous serons nombreux, nous continuerons d’émettre depuis Syntagma », explique Giorgos.

« Donner une autre voix »

La régie de Entasi a pris place en face du Parlement, il y a déjà un mois. Ordinateurs, sono, micro, table de mixage : le matériel est sommaire mais suffisant pour exister. Si la radio est écoutée par les Athéniens, elle est décriée par le gouvernement grec puisque c’est une radio pirate qui émet aussi bien sur les ondes que sur internet. Giorgos fait partie de ceux qui sont à l’origine de la radio, montée en 2008 pendant les émeutes qui ont suivi la mort du jeune Alexis Grigoropoulos, 15 ans, abattu par des policiers. A cette époque, il crée Entasi pour « parler de ce qui se passe dans la rue, des squats et surtout donner une autre voix que celle du gouvernement ».

Avec ses comparses, il change régulièrement de studio. S’ils n’ont jamais eu d’ennui avec les autorités, ils préfèrent éviter d’être localisés. Trois ans après sa création, Radio Entasi est aujourd’hui un instrument puissant que tiennent entre leurs mains les révoltés de Syntagma. La journée, ils sont trois à choisir les morceaux, passer des messages et alimenter le site internet. Autour d’eux, une vingtaine de bénévoles aident et prennent le relais. « Nous ne voulons pas garder la parole fermée. C’est vraiment le but de cette radio : multiplier les témoignages, les réactions et faire entendre la voix du peuple grec ».

Nina Gazaniol et Alice Hancquart
 
Publié sur www.lepetitjournal.com/athenes.html
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