Mercato d’évènements pour le futur stade Vélodrome

Le nouveau stade Vélodrome couvert devrait faire partie des 10 plus beaux stades du monde. Le coût de ce projet très ambitieux ? 270 millions d’Euros, pas moins. Faire de ce stade autre chose que l’antre de l’OM et rentabiliser au maximum ces quelques 67 000 places semble donc indispensable.

 

Le Vélodrome a longtemps été raillé, appelé l’enrhumoir par ses plus fidèles locataires, comme Roland Courbis, ancien entraîneur de l’OM. Il y vente, il y pleut, les matchs y sont annulés pour cause d’intempéries.

Mais la pluviométrie marseillaise justifie t ‘elle réellement que le stade soit couvert ? Un voire deux matchs par an sont annulés pour cause de déluge sur le Vélodrome. Le toit sur le stade était il donc une absolue nécessité ? 270 millions d’Euros, note quelque peu salée pour un parapluie !

Ce projet, jugé indispensable par la mandature actuelle, est selon d’autres acteurs phocéens le plus grand scandale financier que la ville ait jamais connu, et c’est peu dire…

Entre une guerre politique à couteaux tirés et des dessous financiers obscurs, la question de l’endettement de la Ville de Marseille se fait substantielle. Alors la taxe d’habitation dans le quartier du stade devrait connaître un pic vertigineux. Et le loyer que l’Olympique de Marseille verse à la Ville pour l’utilisation du stade devrait être multiplié par huit et passer de 1,5 à 8 millions d’Euros.

Mais cela ne suffira pas à renflouer les caisses et à rentabiliser le Stade. La Ville de Marseille doit envisager une vie alternative pour ce lieu mythique. Le sport, oui. Mais pas que.

Arema, société de gestion du Vélodrome

Arema est la société de projet mandaté par la Mairie de Marseille pour la construction et l’exploitation du stade.

Ce contrat entre Marseille et l’entreprise de gestion durera 35 ans. 35 ans durant lesquels les cinq investisseurs de la société, à savoir Bouygues construction, la Caisse d’épargne, la FIDEPP, la Caisse des dépôts et consignations et OFI Infravia (et probablement l’OM), seront chargés de la programmation du stade.

La programmation hors match est un point crucial pour les finances du stade. Autrement dit, le Vélodrome doit connaître une activité culturelle intense afin de pouvoir payer « lui même » l’opération de chirurgie esthétique qu’il va subir.

Hors de question que le stade ne soit dédié qu’aux rencontres footballistiques, il ne peut se permettre de rester fermé au public et de ne proposer son enceinte flambant neuve qu’aux aficionados du ballon rond.

Le stade doit « ratisser large ». Carton rouge pour les périodes vacantes du calendrier de foot international qui ne seraient pas utilisées pour faire de l’argent.

Les spectateurs du concert de Police, au Vélodrome, en juin 2008 (photo Elvire. R.)

Plusieurs feuilles de match sont alors envisageables : concerts et superproductions à la mode seront les numéros 10 de l’équipe culture du futur stade.

Faire venir les Rolling Stones, Madonna, ou encore Police est une stratégie qui a fonctionné par le passé.

Mais on ne peut vendre tous les mois 50000 billets pour une même date.

Et les têtes d’affiche françaises susceptibles de remplir le Vélodrome ne se pressent pas dans le couloir…

Rencontres hors jeu

Quelle est donc la stratégie à adopter pour éviter l’expulsion et faire du vélodrome le champion en terme de programmation lucrative ? Miser sur les événements dits « hors pelouse » est une combinaison envisageable, voire inévitable. Le business des loges privatives louées par les officiels et les hommes d’affaires devrait continuer d’être lucratif. Il en est de même pour les places VIP ; ces deux niches représentent à l’heure actuelle 8 millions d’Euros sur les 24 millions de la recette guichet. Le futur stade ne laissera pas ses privilégiés sur le banc de touche et offrira trois fois plus de places VIP, soit 7 000. Logiquement, les bénéfices devraient aussi être multipliés par trois.

Le futur stade se dotera de près de 9 000 mètres carrés d’espaces de réception, dont un salon de 1 000 mètres carrés. On peut d’ores et déjà prévoir que 75 congrès ou séminaires par an pourront se dérouler dans l’enceinte du Vélodrome.

Plus de 500 000 visiteurs donc qui ne se presseront pas pour assister au fantasmagorique retour de Didier (Drogba. Oui oui, on y croit encore), mais pour profiter du lieu et le faire vivre en dehors des compétitions sportives.

L’exploitation du stade suscite bien des convoitises. Qui de la mairie, propriétaire officiel du Vélodrome, ou d’Arema, société de gestion du stade enfilera le brassard de capitaine et donc le droit d’organiser des événements réguliers avec ? Les paris sont ouverts. Le coup d’envoi est donné, et apparemment, tous les tacles sont permis.

Célia Rahiel
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