Chiner Marseillais

Les friperies de Marseille n’ont rien à envier à celles de Portobello, de Belleville et de Montmartre. Des femmes et hommes de tout âge, étudiants, dentistes ou artistes, font le choix de se vêtir dans les dépôts-ventes. Si certains revendiquent un mode de consommation plus responsable, les autres viennent juste chiner la bonne affaire…

C’est loin de Marseille, de l’autre côté de la Manche, que se trouvent les friperies les plus célèbres. A Londres et plus précisément sur Portobello Road, les friperies et les marchés aux puces se succèdent même à ciel ouvert. La crise économique a favorisé le retour en grâce des dépôt-ventes en France depuis 2008. Les recessionista sont les nouvelles reines du style. En période de récession, elles se concoctent sans complexe leur garde-robe à moindre frais. Laissant le bling-bling au placard.

Se démarquer de la foule

Mais le phénomène est plus social, plus psychologique. Beaucoup de clientes ne veulent plus être les porte-manteaux ambulants des grandes enseignes du prêt-à-porter. Le dernier it-bag, les it-lunettes, le it-pantalon carrot pant, très peu pour elles. Plus que la volonté de se faire remarquer, c’est plutôt le désir basique de se démarquer. Les codes vestimentaires s’uniformisent, mais les clientes ne veulent pas porter d’uniformes !

L’essor de la fripe marseillaise.

C’est principalement dans le 6e arrondissement que se trouvent les friperies les plus intéressantes. Rue des Trois Mages se trouvent plusieurs friperies seventies ou plus classiques. Mais si vous êtes à la recherche d’articles haut de gamme, il faut vous rendre sur le cours Julien.

Vous trouverez le dépôt-vente Solution qui s’est spécialisé dans la vente d’articles de luxe à prix réduits. Rue Pastoret on trouve la friperie Portobello (la bien-nommée) qui déstocke des robes Sandro ou des pulls Maje entre autres. Dans le quartier de Belsunce, rue Colbert, Emmaüs a installé sa boutique depuis juin 2010, faite votre choix parmi une foule d’objets et de vêtements hétéroclites. Près du métro des Réformés, la boutique Space s’est spécialisé dans le vintage (1920 aux années 1980). Et dans le quartier de Frais Vallon, Véti Toi propose un large choix de vêtements d’occasion pour toute la famille. Et le succès de ces magasins n’intéresse pas que les passionnés de la fripe. Des fraudes sont régulièrement enregistrées. La plus fréquente étant d’écouler de la marchandise « tombée du camion ».

Chiner n’est pas shopper

A Marseille, on trouve de la friperie bobo, vintage, arty, des concept stores très étudiés aux petites boutiques qui ne payent pas de mine, il y en a pour tout les goûts. Mais quel que soit le local, le concept est identique: proposer aux clients des articles bradés. Il s’agit d’une autre manière de concevoir le lèche-vitrine. Il faut donc aimer chercher, fouiller, chiner pour trouver son bonheur et surtout prendre son temps. Après la slow life et le slow food, voici le slow shopping.

Céline Pellarin
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2 commentaires on “Chiner Marseillais”

  1. rebinguet dit :

    Je viens de découvrir cet article de Céline Pellarin, alerté par un copain qui la connait bien, et j’ai beaucoup aimé.
    Comme on n’arrête pas le progrès, à quand un article sur les fripes soldées ?
    Cordialement,
    Michel R.

  2. rebinguet dit :

    Bravo Céline! vous donnez envie au moins d’aller voir, et finalement de peut-être adopter une nouvelle way of life …difficile pour des …disons « grands parents »!!!
    Françoise


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