Aïssatou Thiam : Sur les planches, de Marseille à New York

Comédienne depuis 20 ans, Aïssatou Thiam commence à se faire un nom sur les planches. Elle sera prochainement à l’affiche de la pièce  de théâtre Working girls avec Michael Bats, au  théâtre d’Edgar, à Paris. De plus en plus plébiscitée par les metteurs en scène, Aïssatou  la volubile parle de ses souvenirs de Marseille.

 

Elle rit fort, parle vite, s’emballe. Tout chez elle semble excessif. Et quand elle évoque Marseille, son enthousiasme est débordant. Née à Dakar à la fin des années 60, sa famille immigre très vite sur Marseille. Elle y restera jusqu’à ses 20 ans. De sa vie ici, elle garde quelques souvenirs épars mais forts. Son grand-père jouant aux boules à l’Estaque avec Fernandel et Bourvil, les chichis de ‘ chez Frégis ‘ qu’elle dévorait, le cabanon familial à Jaille près de l’étang de Berre. C’est aussi la ville où repose toute sa famille. Autant de souvenirs qui lui font dire qu’elle est très attachée à Marseille.

De Marseille à New York

Et pourtant, elle en a vu des villes et sillonné des routes. Repérée à l’age de 19 ans au concours de la haute couture à Cannes, elle commence des tournées comme mannequin pour une agence internationale. De l’Asie à New York, de l’Europe à l’Afrique du Sud, « le voyage est pour moi un mal nécessaire ».A New York, toujours pour les défilés, elle a fait escale un peu plus longtemps. Cinq ans. « je suis revenue en 2001, une semaine avant les tours [NDRL : du World Trade Center]. Comme si je l’avais senti! ». Nouvel éclat de rire. Aujourd’hui parisienne, elle ne pense pas revenir vivre à Marseille, qu’elle continue de chérir. Par mimétisme, elle a perdu son accent du sud. Mais à deux reprises dans sa carrière, des réalisateurs lui ont demandé de retrouver l’accent marseillais. Dans Gaffe Loulou (1999) et dans Bimboland (1998) où elle joue Reinette, une jeune femme délurée, aux cotés de Gérard Depardieu et Judith Godrèche.

Un grand éclat de rire

Trop grande, trop longiligne, trop noire. Dans les rues de Marseille, Aïssatou a souffert d’être différente. Jusqu’à son premier voyage en Afrique « et cette sensation soudaine de se retrouver chez soi, plongée dans une foule de Noirs à perte de vue ». S’en suivent cinq années de galère administrative pour obtenir la nationalité française. Simplement parce que sa naissance au Sénégal n’avait pas fait l’objet d’une déclaration officielle. Sa maman devenue paralysée s’est éteinte à Marseille laissant Aïssatou et ses quatre soeurs seules. Son papa a été peu présent, elle a même fait un passage à la DDASS. Des éclats de rire et un parcours atypique qui ont eu raison de son enfance difficile. Une vie jalonnée d’épreuves qui l’ont rendue plus forte. Il y a 3 ans, elle écrit son autobiographie: Un grand éclat de rire. Un livre bouleversant où elle se raconte sans pudeur. Et où elle évoque son enfance à Marseille, sur la Canebière, à la plage ou à l’Estaque. Un autre chapitre est dédié aux hommes de sa vie. Ceux qui ont compté. Son grand père, marin, véritable pygmalion pour la jeune femme jusqu’à sa mort, lorsqu’elle avait 17 ans. Mais aussi Patrick, son ami peintre du Panier, qui l’a accompagnée et encouragée à mener cette vie. Et une icône: Bob Marley, qui a, lui aussi, illuminé sa vie.Elle l’a même rencontré lors d’un concert à Toulon en 1980 : « Moment intense de bonheur et d’harmonie gravé à jamais ». Stand up for your rights pourrait être son mot d’ordre.

 

Alice Hancquart
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